Affrontements communautaires au Nord-Kivu : les humanitaires craignent l’embrasement

Goma, le 21 juillet 2016 (caritasgoma.org) – Après Walikale et Lubero, la recrudescence des tensions communautaires atteint Rutshuru : trois territoires de la province du Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), où des affrontements interethniques entre Nande et Hutus sèment – depuis trois mois – mort et désolation.

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“L’attaque a eu lieu hier [lundi 19 juillet 2016] aux alentours de 20 heures [heure locale]. Elle a duré environ une heure. Les Forces armées de la RDC (FARDC) sont intervenues, mais elles n’ont pas pu empêcher la mort de six Hutus. En représailles, la communauté hutue est venue attaquer la communauté nande pour se venger d’une attaque qui a eu lieu avant-hier [dimanche]. Ils ont tué six Nande par balle et brûlé huit de leurs maisons. Les FARDC sont intervenues après que le forfait a été commis, mais ça n’a pas suffi à calmer les Nande qui ont tué plusieurs Hutus en représailles”, explique un habitant de Kibirizi, dans le Rutshuru…

C’est depuis le mois d’avril que cette tension a commencé à Buleusa, dans le Walikale. Nande et Hutus se regardent comme chien et chat, renseigne une source sur place. Et s’affrontent par milices interposées : NDC/Rénové pour les premiers et la coalition Nyatura/Hutus congolais et FDLR/Hutus rwandais pour les derniers. Mode d’emploi ? Ça commence par l’assassinat d’un membre d’une communauté par celui d’une autre. Puis, s’en suit une vague de violences interethniques. La société civile parle déjà d’une centaine de victimes. L’armée se déploie pour empêcher les massacres, les casques blues interviennent pour s’enquérir de la situation.

Conséquences humanitaires

Malgré les tentatives des autorités de protéger les populations et de rétablir le dialogue, la tension ne retombe pas. En plus de nombreux heurts, des morts, des blessures et des incendies de maisons, cette situation explosive provoque dans les villages où cohabitent Nande et Hutus des déplacements de population.

Katwe (Kibirizi, Kikuku…) est une zone de santé où les populations hutues vivent dans les camps de déplacés. Depuis l’incendie, le 13 juillet, d’un site, plusieurs autres incidents ont été observés dans la zone. Ce regain de tensions a forcé les Nande et les Hutus – en majorité des femmes et des enfants – à chercher protection dans les écoles, les églises, les centres de santé. D’autres ont trouvé refuge dans des localités voisines.

Selon le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), plus de 50.000 personnes déplacées sont enregistrées dans le Rutshuru : à Nyanzale et à Kanyabayonga. “Il s’agit d’un dénombrement préliminaire dans des zones où les humanitaires sont présents. Des milliers d’autres personnes auraient fui vers les localités du territoire de Masisi (Mweso, Kalembe, Kashuga et Ihula). La compilation des données est toujours en cours. La communauté humanitaire suit la situation avec attention”.

Cellule de Communication

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