Associer les ex-combattants dans la protection de l’environnement

Goma, le 7 juillet 2017 (caritasgoma.org) – Comme la Journée mondiale de l’environnement est une journée réservée aux initiatives individuelles ou collectives et où chacun est appelé à mener une action pour prendre soin de la Terre, à Goma, dans l’Est de la république démocratique du Congo (RDC), les ex-combattants et les ‘’Jeunes à risque’’ ont livré un match de football pour la protection de l’environnement. 

C’est aux environs de 8 heures que le match opposant l’équipe des ex-combattants encadrée par Caritas Goma et celle de ‘’Jeunes à risque’’ (jeunes exposés à la délinquance, à l’utilisation dans les groupes armés, à la prostitution, à l’alcoolisme, au chômage…), débute au stade Les Volcans. Ici, la foule acclame, siffle et lance des cris de joies. Patrick Mulenda, un jeune démobilisé, vient d’ouvrir le score à la 34ème minute du jeu. Puis, par une faute du joueur adverse, Mulenda trouve une faille après une passe de son coéquipier et marque. 2-0. C’est la fin de la mi-temps. Les joueurs et les supporters courent dans tous les sens. Dansent et sautent. Certains  joueurs s’embrassent entre eux…

A la reprise, on sent que la chaleur monte. Les ‘’Jeunes à risque’’ ont compris le jeu. A la 48ème minute, Mbusa Kaoma, un ‘’Jeune à risque’’, marque sur un coup de tête. Et après seulement deux minutes de jeu, un deuxième but en faveur des ‘’Jeunes à risque’’ est marqué, sur penalty, par Kaseke Tshopo. La panique entre alors sur le terrain du côté des démobilisés. 15 minutes plus tard, coup de théâtre, le gardien vient de laisser un troisième but entré dans le filet. On peut facilement voir la déception sur les visages des ex-combattants. Le match se soldera finalement sur un score de 3-2 en faveur des ‘’Jeunes à risque’’…

Après s’être remis de leur émotion, les ex-combattants sont passés à l’étape de la protection de l’environnement, à travers laquelle plus de 1500 plantules leur ont été distribuées pour être plantées le long des artères asphaltées de la ville de Goma. Une action de l’ONG MAIDENI, qui œuvre dans le domaine de l’environnement. C’est donc un Grevillea robusta, connu pour son bois de sciage, fertilisant et ombrageux, un Cassia spectabilis, apprécié pour son bois de chauffe et bon fertilisant, un Porsea americana (avocatier), très apprécié pour ses fruits, un Casuarina equisetifolia, utile dans les ornements… que les ex-combattants et les ‘’Jeunes à risque’’ se sont empressés de prendre.

En fait, c’est depuis 2016 que Caritas Goma exécute un projet d’encadrement des ex-combattants dans la ville de Goma et dans les territoires de Masisi et de Rutshuru. Le projet est financé par la Banque mondiale par le truchement de l’Unité d’exécution du Programme national de désarment, démobilisation et réinsertion (UE-PNDDR). Le projet permet à Caritas Goma de réinsérer les ex-combattants dans la société en les initiant dans l’apprentissage des métiers. Pour Yves Zabulisire, superviseur technique à Caritas Goma dans le programme Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), ces arbres vont reformer le couvert végétal de Goma de demain.

Ainsi, comme voulait le thème de la Journée mondiale de l’environnement 2017 : Rapprocher les gens de la nature, les ex-combattants ont compris qu’ils n’étaient pas exclus. Et que la protection de la nature est une affaire de tous.

Cellule de Communication

 

Laisser un commentaire

Don à Caritas Goma