Caritas Goma initie les jeunes à la culture de la non-violence

Goma, le 14 septembre 2017 (caritasgoma.org) – La responsabilité des jeunes dans la gouvernance locale à travers les revendications pacifiques de leurs droits pendant le processus électoral est l’un des objectifs prioritaires du projet qu’exécute Caritas-Goma dans l’Est de la République démocratique du Congo(RDC).

 

C’est à la maison des jeunes, un lieu où les  jeunes apprennent à vivre l’art et le dialogue dans le respect, la joie et la paix avec le voisin, que le projet d’Education civique et promotion de la démocratie participative en RDC a été lancé fin juillet 2017 à Goma.

Devant ces jeunes chez qui la culture de la violence est devenue monnaie courante, ce projet voudrait trouver un sens, et de pouvoir les encadrer ou les conscientiser pour qu’ils ne tombent pas dans la violence, surtout en cette période où les nouvelles élections sont attendues à la fin de cette année en RDC.

Environs 800 jeunes sont ciblés  par le projet et suivront des formations sur leur engagement citoyen dans la promotion de la démocratie et la gouvernance participative. A leur tour, ils devront relayer le message auprès de leurs semblables. Cela se justifie par le cycle de troubles post-électoraux observés en RDC depuis 2006  jusqu’à nos jours et où les jeunes ont joué le rôle d’acteurs et de victimes.

Ce projet d’éducation civique, financé par CAFOD (Caritas d’Angleterre et de pays de Galles),  vise donc à décourager la culture de violence observée dans le chef de plusieurs jeunes lors des manifestations liées aux échéances électorales en RDC.

Les jeunes ne doivent plus céder aux manipulations politiciennes, aux stéréotypes et moins encore au tribalisme. Ces nouvelles méthodes sont utilisées couramment dans la région par les assoiffés du pouvoir en s’appuyant sur les jeunes qui constituent une véritable force pour influencer  un changement éventuel.

Pour rappel, les résultats des élections législatives de 2006 et 2011 avaient été entachés des irrégularités, fraudes massives et manque de crédibilité selon un rapport de 2012 du Centre Carter, spécialisé dans la surveillance électorale. Selon toujours ce rapport, la crise post-électorale aurait pu être évitée si les élections n’avaient pas été organisées dans la précipitation ou si la commission électorale nationale indépendante (CENI), avait usé de la transparence dans la gestion des élections.

Certes, les élections s’étaient déroulées plus ou moins de façon pacifique sur presque toute l’étendue de la République, néanmoins, le rapport poursuit qu’elles ont été chaotiques, entachées de beaucoup d’irrégularités et des fraudes. Le Centre regrette même pourquoi pour des faits avérés, comme par exemple la disparition des plis de vote à Kinshasa, aucune poursuite judiciaire n’a été engagée contre les contrevenants.

Et, du côté de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo, avait corroboré dans le même sens que le Centre Carter, avant de demander à la population de revendiquer sans violence leurs droits, c’est-à-dire par des voies légales et pacifiques.

Cependant, dans les rues de Kinshasa, la capitale, la réalité était toute autre. Des incendies, des projectiles, meurtres, pillages… étaient au rendez- vous au lendemain de publication des résultats des élections de 2011. Des contestations se sont également accentuées après la publication du rapport du Centre Carter.

Les choses auraient pu être différentes en 2016 si le président Kabila avait affiché le souhait de ne pas se présenter comme candidat lors des élections de 2016, estiment plusieurs observateurs. Ou, s’il pouvait organiser les élections comme convenu lors de l’accord de la Saint Sylvestre. Hélas non! La tenue des élections dans le délai constitutionnel n’est pas envisagée de manière certaine. Ceci  laisse  les Congolais dans une incertitude.

C’est au regard de toutes ces irrégularités que les jeunes doivent être préparés à l’avance pour éviter le pire.

‘’Notre souci est que les jeunes résistent aux appels aux tribalismes où à l’ethnisation des élections. Que ces derniers résistent aux propagandes des idéologies de la guerre enfin de faire preuve d’un sens élevé du patriotisme pour sauvegarder l’unité nationale, affirme Gilbert Dhego, assistant- coordinateur au département Justice et paix à Caritas Goma. La nécessité de faire appel à un comportement de vigilance, de neutralité et de la non-violence pendant cette période électorale est nécessaire’’, estime Dhego.

Au fait, si à Kinshasa les jeunes sont prêts à descendre dans les rues pour revendiquer ‘’leurs droits’’, au Nord-Kivu, cette réalité est couplée par un autre sentiment : Celui de défendre d’abord sa communauté avant sa patrie. D’où l’insistance de Dhego : ‘’Nous devons chercher à défendre la patrie et pas l’ethnie’’.

Déchirée par des conflits ethniques récurrents depuis deux décennies, Goma est le théâtre des plusieurs affrontements qui sèment morts et désolations. Ici, il ne s’agit pas que de revendiquer ses droits. Mais il est question coûte que coûte de défendre d’abord son ethnie avant la patrie. Cela ne devrait pas être le comportement des jeunes appelés à diriger le pays dans l’avenir, a martelé le projet.

D’où, la nécessité de former et informer les jeunes sur leurs rôles et leurs droits de participation à la gouvernance  démocratique, organiser des ateliers de renforcement des capacités des jeunes sur le changement de mentalité, produire des émissions radio et télévisées à l’intention des jeunes sur la paix, le leadership et la non- violence. C’est ce que le projet prévoit comme activités pour tempérer l’ardeur de la jeunesse et la canaliser positivement.

Lydie Waridi Kone

Cellule de Communication/ Justice et paix

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