Caritas Goma : Mwanamuke, amani na usalama (MANU)

Goma, le 10 octobre 2017 (caritasgoma.org) – Visant à favoriser l’égalité des sexes, la pleine participation et la protection des femmes, Mwanamuke, amani na usalama (la femme, la paix et la sécurité, en français), est un programme que gère Caritas Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), depuis début avril 2017. Ce, dans le but de faire participer les femmes dans les processus de paix et de reconstruction du pays.

C’est notamment pour contribuer à l’égalité des droits de chances entre hommes et femmes, de sorte que ces dernières puissent pleinement participer à la consolidation de la paix et à la reconstruction du pays, que MANU se fixe les objectifs de protéger les femmes et les filles, de mener un combat contre les normes genres préjudiciables et de renforcer les capacités d’action des femmes de manière à assurer une participation égale dans les processus de paix et la résolution des conflits.

Ce programme exécuté par Caritas Goma au Nord et Sud-Kivu – des provinces de l’Est de la RDC qui ont connues des affres de la guerre – grâce au financement du Ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas à travers le consortium de Mensen met een Missie, Care International et Tosangana est le socle de la résolution 1325 du conseil de sécurité de l’ONU sur la femme, la paix et la sécurité. La résolution se veut être un acte de reconnaissance non seulement des effets des conflits armés sur les femmes et les filles mais aussi du rôle important que peut jouer les femmes, en tant que partenaires dans la recherche et la consolidation de la paix.

Avec plus de 1150 cas d’harcèlements de femmes par jour, selon « l’American journal of Public Health », la RDC est connue comme le pays le moins sûr du monde en raison de ses crimes terribles auxquels sont confrontés les femmes, ainsi que la discrimination fondée sur le sexe et la violence conjugale. D’une façon générale, les femmes ont moins de chances que les hommes de reprendre une vie normale après les conflits, d’obtenir justice pour les violations de leurs droits fondamentaux et de contribuer à la réforme des lois et des institutions publiques. De plus, elles sont très souvent tenues à l’écart des négociations de paix et des processus de reconstruction.

‘’D’où l’intérêt du programme, qui veut que la femme s’engage à faire changer les choses en prenant conscience que les normes rétrogrades sont un de facteurs qui l’empêche à participer et à contribuer au développement de son milieu’’, a déclaré Justine Elakano, coordinatrice du programme MANU à Caritas Goma. Pour ce faire, MANU prévoit des formations et des sensibilisations à travers ses zones d’interventions pour atteindre le maximum des femmes.

A travers ses 11 partenaires reparti au Nord et Sud-Kivu, mais aussi à Kinshasa (capitale de la RDC), le programme voudrait influencer non seulement l’autorité politico-administrative à partir de la base jusqu’au sommet, à donner un espace aux femmes pour qu’elles soient aussi impliquées dans les instances de prise de décisions. Mais aussi, il est question dans ce programme de défier les normes rétrogrades qui sont un frein à la participation égale de la femme et qui est même nuisible à l’économie congolaise a martelé Justine.

En effet, Selon une étude de 2010 de «Artisans du monde», les femmes assument 66%  du travail mais ne gagnent que 10% du revenu total. Ce qui fait aussi retarder l’économie congolaise, regrette la coordinatrice de MANU. Enfin le programme MANU a un volet sur la protection des femmes dans lequel il vulgarise les instruments juridiques favorables qui protègent les droits de la femme et des enfants. Il s’agit ici du nouveau code de la famille de 2016 et de la Résolution 1325 de l’ONU.

Une vraie théorie du changement qui va s’étaler sur une période de 3 ans, comme le veut la période de l’exécution du programme MANU à Caritas Goma.

Lydie Waridi Kone

Cellule de Communication

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