Equiper l’hôpital de Minova pour sauver les femmes enceintes

Goma, le 13 juin 2017 ( caritasgoma.org) – Alors que les travaux de construction d’un bloc opératoire viennent juste de débuter – et butent déjà à l’insuffisance de fonds – équiper la nouvelle maternité de l’hôpital général de Minova, à 55 km de Goma, capitale du Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), est au centre d’un plaidoyer que Caritas Goma mène dans cette cité à cheval entre le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Lorsqu’elle a été violée entre les 20 et 30 novembre 2012, c’est à l’hôpital général de Minova que Fatou* a eu des soins. A l’époque, l’armée congolaise est en déroute face à l’avancée fulgurante des rebelles du M23, qui vont finir par s’emparer de Goma. Dans leur fuite, les militaires opèrent une véritable razzia : les localités traversées, notamment celle de Minova, subissent un déferlement de violences. Principales cibles : les femmes. Et sous la pression de l’ONU, 39 soldats avaient été jugés pour 190 cas de viols et 1.014 de pillages.

Cinq ans plus tard, Fatou revient à l’hôpital de Minova pour l’accouchement de son sixième enfant. Avec ses 114 lits, l’hôpital géré par Caritas Goma couvre une zone de 250.000 habitants. Et sa maternité propose une consultation médicale offrant aux femmes enceintes, un suivi gynécologique et une chirurgie réparatrice.

Grâce au financement de Caritas Australie, une maternité moderne – d’une capacité de 24 lits – vient d’être construite. C’est dans ce bloc de deux niveaux que l’hôpital aura deux salles d’opération avec un circuit nettement mieux respecté, une salle de néonatologie, une unité de soins intensifs, des salles communes et des salles privées. Mais achevée depuis trois mois, ces locaux ne sont jusque-là pas encore utilisés par manque de matériels et équipements. Les salles sont donc vides alors que le besoin est pressant…

Dans l’ancienne maternité, les femmes en travail et celles qui ont déjà accouché sont loin de bénéficier d’un confort approprié, affirme Dr Michel Kakule, médecin-directeur de l’hôpital. “Elles dorment même à sol par manque de place et à cause d’une faible capacité de maternité. Ceci les exposent aux infections du post-partum”, dit-il. Même les nouveau-nés, malades ou pas, sont aussi dans cet environnement propice aux infections. “C’est pourquoi nous les perdons, à la grande déception du personnel”, déplore le médecin-directeur. Et l’hôpital n’a plus d’ambulance depuis près de deux ans. Ceci a comme impact : une augmentation de décès maternels au niveau de l’hôpital [six cas en 2016] et néonatals [neuf dans la même année].

D’où, un plaidoyer que Caritas Goma mène pour équiper le plus tôt possible la nouvelle maternité “afin de travailler dans des conditions plus humaines. Et réduire ainsi le taux d’infections nosocomiales materno-néonatales”, estime Dr Kakule. Le médecin-directeur souligne aussi la nécessité d’apporter les fonds pour la poursuite des travaux du nouveau bloc opératoire. Celui-ci va donner à l’hôpital deux nouvelles salles d’opération “avec réduction sensible du risque d’infections post-opératoires”, une salle de néonatologie “pour isoler les nouveau-nés malades afin de les soigner dans un environnement sain” et une unité des soins intensifs.

Et pour faciliter la mobilité, le médecin plaide pour la dotation d’une ambulance de marque Land cruiser 4 × 4 pour l’hôpital. Sans oublier de former ou de recycler le personnel sur la néonatologie. Et sur la gestion des urgences.

(*) Nom d’emprunt

Cellule de communication

 

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