JDJ 2017 à Goma : les jeunes parlent

Goma, le 15 août 2017 (caritasgoma.org) – Les Journées diocésaines des jeunes (JDJ) sont un moyen qui permet à chaque jeune d’aller à la rencontre d’autres jeunes. Un moyen qui permet à un jeune congolais d’aller à la rencontre d’un jeune rwandais. Ou à un jeune rwandais d’aller à la rencontre d’un jeune congolais. Mais la paix, toujours marquée par les stigmates du génocide au Rwanda et les conflits armés en RDC, est loin d’être acquise entre les jeunes de ces deux pays.

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Pourquoi ne pas organiser les JDJ deux fois par an ? [Vivianne, jeune rwandaise de Gisenyi (Rubavu)]

 

 

 

“Les JDJ sont une occasion pour nous les jeunes de se rencontrer et pouvoir échanger sur nos quotidiens afin de briser les barrières de peur et de suspicions. Car pour nous les jeunes rwandais, la peur qui nous caractérise vient de ce que nos parents nous disent. Ils donnent l’image selon laquelle le Congo est un endroit qu’il faut craindre. Et cela crée une certaine méfiance en nous à cause des préjugés que nous avons envers les Congolais. Mais ce genre de rencontre nous permet de nous sentir à l’aise les uns envers les autres. Vous savez, par exemple, quand il y a une nouvelle guerre au Congo, pour nous, c’est de l’autre côté : donc à Goma. Là, nous avons peur d’y aller. Et les jeunes de Goma aussi éprouvent de la peur ou de la réticence à venir au Rwanda, compte tenu des évènements de 1994 [le génocide des Tutsi, Ndlr]. Ils ont peur et de nous. Et ils disent que les Rwandais sont méchants. A vrai dire, ce sont des préjugés non fondés de part et d’autre. Si tout ne dépendait que de moi, il serait avantageux d’organiser les JDJ à Goma deux fois par an. Cela renforcerait davantage – je le crois vraiment – la fraternité entre les jeunes du Congo et du Rwanda”.

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Nous ne sommes pas obligés de suivre ce que nos parents nous disent [Patrick, jeune congolais de Goma]

 “Nos grands-parents et nos parents disent que les Rwandais sont très méchants. Ils sont venus chez nous pour prendre nos terres après avoir versé le sang de nos frères. A force de les écouter, cela crée une haine en nous. Mais les JDJ nous donnent un autre message sur la cohabitation pacifique avec les Rwandais. Moi, par exemple, je travaille au Rwanda où j’ai un patron rwandais. Si je compare ce que je gagne le mois par rapport à celui qui fait le même travail que moi ici à Goma, ce patron rwandais me paie bien. Comment peut-on réduire tout un peuple à ce que nos parents disent ! Pour moi, nous ne sommes pas obligés de les écouter”.

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Nous partageons la même connaissance sur l’amour de Jésus-Christ [Isaac, jeune rwandais de Gisenyi]

 

“C’est vrai qu’au Congo, il y a des guerres à répétions. Mais ces guerres ne devraient pas être un motif de division entre nos peuples. Voilà le message que je retiens de chaque JDJ auxquelles je participe depuis quelques années à Goma. Les rencontres des jeunes venant des divers pays de la région des Grands Lacs renforcent l’unité entre eux. Car, nous partageons une même connaissance sur l’amour de Jésus-Christ qu’Il nous enseigne”.

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Congolais et Rwandais peuvent aller au-delà des mythes et préjugés [Chico, jeune congolais de Goma] 

“C’est quand on est loin qu’on peut dire des choses. C’est quand on est qu’on peut entendre des mensonges. Mais quand on s’approche, quand on se rapproche, on comprend bien que le vivre ensemble démentit tout ce qu’il y a comme préjugés. C’est ce que nous appelons le talisman de l’unité. On a toujours dit : vous pouvez tout dire de moi quand vous ne me connaissez pas. Mais venez vivre avec moi, vous trouverez que je ne suis pas le monstre dont on vous a parlé. Je peux aussi être un ange pour vous ! Les JDJ de Goma sont une occasion de prouver au monde que Congolais et Rwandais peuvent aller au-delà des mythes et préjugés”.

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Les jeunes de Goma et de Gisenyi : deux faces d’une même médaille [Christophe, jeune rwandais de Gisenyi]

“Quand nous allons dans des JDJ à Goma, nous travaillons en concert avec les jeunes congolais. Et il est facile de remarquer personne ne tient compte de nos provenances. Ce, pour témoigner de l’amour du Christ. Cela me plait énormément. Et lorsque les jeunes congolais aussi viennent dans des Forum nationaux que nous organisons au Rwanda [trois déjà tous en dehors de Gisenyi, Ndlr], nos compatriotes rwandais ne savent même plus nous différencier avec les Congolais. Car nous prenons le bus ensemble, nous partageons le même dortoir, les mêmes thèmes lors des travaux en carrefour. Donc, les Congolais de Goma sont tout simplement considérés comme les Rwandais de Gisenyi lors d’un Forum national : deux faces d’une même médaille…”

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Nous avons un podium à Goma. Nous avons aussi un autre à Gisenyi [Vanessa, jeune congolaise de Goma]

“Nous avons construit un podium ici pour la danse. Nous dansons avec les jeunes du Rwanda, du Burundi et de la Tanzanie lors des JDJ, du Festival Amani ou lors de n’importe quelle autre activité de convivialité pour conscientiser les jeunes de la région que la paix est possible. Comme je l’ai toujours dit : nos origines ne peuvent pas être un obstacle. C’est la raison pour laquelle nous avons un podium à Goma et un autre à Gisenyi”.


Encadré : des JDM aux JDJ

La certitude d’avoir vécu ce que Christ demande à ses disciples, avec un peu de fatigue, quand même… Mais surtout une grande joie, est la principale motivation pour les jeunes lors des JMJ ou des JDJ. 

Le ton des JMJ a été donné dès le 22 octobre 1978 par le jeune et dynamique archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla, élu pape à 58 ans. A l’occasion de son premier angélus lors de son intronisation, il lance, d’une manière improvisée depuis son balcon Place Saint-Pierre : “Je veux m’adresser aux jeunes, vous êtes l’avenir du monde, l’espérance de l’Eglise, vous êtes mon espérance”. Les jeunes, Jean Paul II ne les oublie plus.

En 1980, il leur donne rendez-vous à Paris. 50.000 répondent à l’appel. Le souverain pontife ne s’arrête pas là. En 1983, pour le jubilée de la Rédemption, de nombreux événements sont prévus. Mais une fois encore, Jean Paul II pense aux jeunes. Il demande au Conseil pontifical pour les laïcs d’organiser un rassemblement international pour les jeunes l’année suivante. Cette fois, ils sont 250.000 pèlerins. La rencontre a lieu le week-end des Rameaux. La date n’est pas fortuite. Jean Paul II souhaite associer les futures JMJ au mystère pascal.

Galvanisés par le succès de 1984, le pape renouvelle l’initiative aux Rameaux de 1985. Nouveau bain de foule : 300.000 jeunes assistent aux JMJ. En 1987, les JMJ sont sorties de Rome. La première rencontre des jeunes a lieu à Buenos Aires. Dès lors, les JMJ sont célébrées chaque année dans les diocèses sous forme des JDJ.


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