Journée de l’enfant africain : Caritas Goma lance un SOS pour l’enregistrement universel des naissances au Nord-Kivu

Goma, le 16 juin 2017 (caritasgoma.org) – La déclaration et l’enregistrement des naissances – la première reconnaissance juridique de l’existence d’un enfant – ainsi que l’inscription dans les registres d’état civil fournissent les fondations permettant de préserver les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels de ce dernier.

L’enregistrer auprès de l’officier de l’état civil signifie garantir ses droits. Il vit à Minova, à 55 km de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu

La deuxième enquête démographique et de santé en République démocratique du Congo (RDC) [EDS-RDC II 2013/2014] montre que seuls 25% des enfants de moins de cinq ans ont été enregistrés à l’état civil. Et 14% ont un acte de reconnaissance. La province la plus frappée ? Le Nord-Kivu, dans l’Est du pays, avec 7%.

Au moment où, de l’Afrique du Sud au continent africain, la 27è Journée de l’enfant africain est célébrée pour commémorer le massacre des enfants de Soweto du 16 juin 1976 par le régime de l’apartheid, Caritas Goma a choisi l’occasion pour plaider en faveur de tous les enfants de la province, qu’ils soient déclarés et enregistrés à la naissance. Ce, en rapport avec le thème de cette année : “L’agenda 2030 pour un développement durable en faveur des enfants : accélérons la protection, la responsabilité et l’égalité des chances”, selon l’agenda de la communauté internationale dans le cadre des Objectifs de développement durable : “Fournir une identité juridique à tous les enfants d’ici 2030, notamment en enregistrant toutes les naissances”.

C’est à Walikale, dans ce territoire situé à 200 km à l’ouest de Goma, que Caritas Goma a mené les activités de la Journée. Ici, des enfants et des adultes ont été réunis dans la cité de Mubi pour réclamer l’enregistrement de tous les enfants en RDC. En collaboration avec la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo, la manifestation a impliqué une centaine d’enfants pris en charge par un projet de Caritas Goma.

En fait, Caritas Goma a conclu un partenariat – depuis 2015 – avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Ce qui fait de Caritas Goma le point ou l’œil de l’agence onusienne dans tout ce territoire. Les deux organisations travaillent ensemble pour assurer l’enregistrement des enfants à la naissance dans la zone du projet. Les activités se font dans le Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-enfants soldats. Mais aussi dans l’Identification, documentation, tracing et réinsertion (IDTR) des enfants non accompagnés ou enfants séparés pendant une période de crise. Le projet se focalise aussi sur les enfants exploités économiquement. Comme ceux exploités dans les mines de ce riche territoire minier.

Subdivisé en quatre volets, le projet insiste sur la prévention contre la violation des droits de l’enfant. Ensuite, sur la prise en charge transitoire d’un enfant dans une Structure d’encadrement transitoire (SET) : ça peut être un Centre de transit et d’orientation (CTO), une Famille d’accueil transitoire (FAT) ou dans un Espace ami des enfants (EAE : un lieu de recréation pour les enfants traumatisés). Le troisième, c’est le Tracing : ce qui permet de rétablir les liens communautaires entre l’enfant et sa famille. La réinsertion sociale est donc le dernier pilier du projet. L’enfant intègre la société via l’école ou par l’exercice d’un métier.

L’enregistrement des naissances dans le délai de 90 jours ou après rentre dans le cadre de prévention, affirme Basile Bashimbe, le responsable du projet. “Grâce à la sensibilisation et au plaidoyer que Caritas Goma mène dans plusieurs localités de Walikale, l’enregistrement des naissances est à présent inscrit à l’ordre du jour lors des activités sur les enfants” dans ce territoire un peu grand comme le Rwanda, ajoute-t-il.

Mais l’inaccessibilité à certains bureaux de l’état civil ne permet pas l’enregistrement des naissances. Pour faciliter la tâche aux parents, Caritas Goma procède par enregistrement des naissances par procuration pour rapprocher les communautés à l’Etat. Les agents sociaux font remplir les formulaires par des parents, puis les ramènent à l’officiers de l’état civil. Bashimbe précise que, juste pour le premier semestre de 2017, c’est quelque 359 enfants qui sont déjà enregistrés par procuration. La réussite de cette méthodologie est assise sur les campagnes de sensibilisation qui se font de porte à porte. Elles sont renforcées par l’installation de cinq points d’écoute. C’est d’ici que les agents sociaux de l’IDTR partent pour informer, former et sensibiliser la population sur la protection de l’enfant. Le premier point de cette protection ? L’enregistrement des naissances. Des campagnes de sensibilisation et de plaidoyers qui se font, bien sûr, non pas sans difficultés…

L’enregistrement des naissances à Walikale n’est juste qu’une partie du système plus global de la RDC : celui de l’état civil et des statistiques. Des services qui devraient enregistrer tous les évènements de la vie, des naissances aux décès, en passant par les mariages et les divorces. C’est encore ces services qui devraient donner au gouvernement les moyens d’accéder à des données plus fiables sur sa population. Mais que faire dans un pays où la majorité des parents ne savent même pas que ne pas déclarer son enfant est une infraction ?

Cellule de Communication

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