Le tandem Caritas Goma – PAM au chevet des populations à Nyanzale

Goma, le 3 novembre 2017 (caritasgoma.org) – C’est pour palper du doigt les difficultés auxquelles sont confrontées les déplacés dans la localité de Nyanzale en territoire de Rutshuru, à environs 75 Km de Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) que David Beasley, Directeur Exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), a visité ces familles qui depuis mi-2016 ont fui leurs villages d’origine suite aux conflits armés et inter communautaires  qui y persistent.

David Beasley et l’Abbé Oswald Musoni (en tricot noir) à Nyanzale

C’est dans un contexte de sécurité alimentaire et humanitaire dégradant que le Directeur international du PAM a effectué le 29 octobre 2017 une visite à Nyanzale. Ici, il a été témoin de la triste réalité que connaissent ces milliers des familles déplacées vivant dans les familles hôtes et ceux vivant dans les sites (Gihondo, Kasoko et Nyanzale marché). Entassées dans des maisons de fortunes servant comme abris, d’autres dans des familles d’accueil – pour ceux qui ont un peu plus de chance – ces femmes, hommes, enfants et vieux ne voient que leur situation s’empirer du jour le jour. Un seul souhait : retrouver la paix et pouvoir rentrer chez eux ! Une réalité, qui malheureusement est encore loin d’être possible vu les bruits des bottes qui continuent à se faire entendre dans leurs villages de provenance, ainsi que les conflits inter ethniques qui divisent toutes ces communautés.

C’est plus de 10 717 personnes, soit 1 735 ménages qui ont été accueilli récemment dans les familles hôtes à Nyanzale dans des conditions qui ne sont pas toujours meilleurs. Au fait, à côté de la promiscuité qui se vit dans les familles d’accueil, d’autres maux viennent s’ajouter au quotidien de ces familles vulnérables : maladies et famines les rongent aussi. Mais, c’est surtout pour ce dernier facteur que les langues se délient.

Accompagné par l’Abbé Oswald Musoni, Directeur de Caritas Goma, une organisation au service du peuple depuis 1962 dans le diocèse de Goma, les deux hommes – marchant côte à côte –ont pris acte de cette situation en visitant certaines de ces familles. ‘’J’ai rencontré beaucoup de femmes et d’enfants dont la vie est réduite à une lutte désespérée pour survivre. Dans une terre aussi riche en ressources qu’est la RDC, c’est déchirant. Et c’est inacceptable ‘’, a déclaré Beasley.

Pour le Directeur de Caritas Goma, qui a aussi rencontré les familles déplacées qui sont venues pour être assistées en vivres, don du PAM, les choses ne sont pas aussi simples. La cohorte de malheurs ne cesse de s’abattre sur le Nord-Kivu et jettent des milliers des familles dans la misère, car obligées de fuir et abandonner leurs champs et maisons.  Mais aussi,  des milliers des morts qui sont enregistrés, conséquence de ces conflits armés et inter ethniques, l’Abbé ne cache pas son désarroi. ‘’Cette situation de crise ne crée que désolation. Et malheureusement, la ration n’est plus suffisante’’, a-t-il regretté.

Au fait, en 2015, l’Organisation des Nations unies s’est fixé la tâche ambitieuse de mettre un terme à la faim et à la malnutrition d’ici 2030, classant même le « Défi faim zéro » au deuxième rang de ses dix-sept Objectifs de développement durable. Mais l’insécurité alimentaire s’étend. La ration destinée aux déplacés internes du pays s’est vue réduite en raison de sérieuses contraintes de financement du PAM. Et Caritas Goma,  faisant partie du cluster de sécurité alimentaire s’est vue contrainte de suivre les pas, malgré elle.  Elle a réduit de moitié la ration destinée à la distribution générale des vivres, passant de 30 jours à 15 jours. Une situation qui a plongé au bas de l’échelle ceux qui y étaient déjà, créant ainsi un cycle vicieux de pauvreté, étant donné que les villages de provenance de ces déplacés, constituaient les greniers de grandes cités, comme Nyanzale.

‘’J’ai accueilli cinq personnes dans ma petite maison’’, déclare Moza, un habitant de Nyanzale et chef d’une famille d’accueil de six personnes. ‘’ Avec la ration du PAM via Caritas Goma, nous ne sommes plus à mesure de manger à notre faim, il y a des jours où l’on ne trouve rien à  mettre sous la dent. Je pense alors renvoyer quelques déplacés que j’ai accueilli chez moi…’’

La plupart de la population en RDC vit de l’agriculture de subsistance. Une grande partie des familles déplacées à cause des conflits armés et inter ethniques, qui sont retournées dans leurs villages ont expliqué qu’elles ne pouvaient pas reprendre leur travail dans leurs champs tellement qu’elles avaient peur d’être à nouveau attaquées.

David Beasley a, quant à lui, reconnu toutes ces préoccupations. ‘’Ce que veulent avant tout les personnes courageuses que j’ai rencontrées ces derniers jours, c’est la paix. La paix pour pouvoir cultiver leur propre nourriture, reconstruire leur vie et construire un avenir meilleur pour leurs enfants. C’est un message simple et puissant. Je l’ai transmis au président Kabila et aux membres de son gouvernement, en les exhortant à faire plus pour réaliser cela ’’.

Un partenariat qui sauve des vies 

  C’est depuis 1995 que la Caritas Goma est partenaire de coopération de l’Agence des Nations Unies pour l’alimentation, le Programme Alimentaire Mondial (PAM). Ce partenariat remonte à l’entrée des réfugiés rwandais sur le sol congolais. La Caritas dans sa mission de sauver des vies humaines, a commencé à recevoir du PAM des vivres en grande quantité évalués en milliers de tonnes afin d’arriver à soulager ces vulnérables pour une ration de 30 jours (1 mois). Une ration composée essentiellement du sel, d’huile, des légumineuses et de farine de maïs, sous forme de distribution générale, mais aussi pour le programmes de Nutrition et Démobilisation, Désarmement et Réinsertion.

Depuis les années 1993, la situation sécuritaire de la RDC s’est dégradée, avec comme impact négatif sur la situation humanitaire. La crise a perduré au point de créer plusieurs autres mouvements internes et ces derniers ont fait naître d’autres groupes armés. Ces derniers continuent à semer des crises au sein de la communauté, créant ainsi de mouvements internes des personnes et leurs biens. Cette crise est devenue chronique, plus de 20 ans, face à une crise financière mondiale. Aujourd’hui, le PAM n’assiste que les personnes déplacées les plus vulnérables avec une ration de 15 jours, compte tenue de l’insuffisance des ressources financières.

Malgré, cette contrainte et face à une situation de crise financière mondiale, Caritas Goma n’a pas arrêté de soulager la souffrance des déplacés, des sinistrés, des retournés et des familles d’accueil, via son Partenariat avec ses partenaires financiers, en l’occurrence le PAM.

Les 20 ans de partenariat qui  sauve et continuera [nous l’espérons] à sauver des vies humaines.

Lydie Waridi Kone

Cellule de Communication                                         

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