Les pairs éducateurs dans la lutte contre le VIH/Sida

Goma, le 29 janvier 2017 (caritasgoma.org) – Selon le Programme national multisectoriel de lutte contre le sida de la République démocratique du Congo, les personnes vivant avec le VIH/SIDA représentent 3% de la population de Goma, soit 30 000 personnes de cette ville de l’Est du pays. Un pourcentage 3 fois supérieur à la moyenne nationale. 

Formant un cercle au milieu de la cour, les élèves membres du “Club VIH/sida’’, appelés ‘’pairs éducateurs’’, chantent en chœur la célèbre chanson ‘’We are the world’’ de l’artiste américain Michael Jackson. Une chanson reprise en leur manière, car imprégnée des messages de lutte contre le sida. Mais avant, ces sont des sketches et poèmes sur le sida et ses moyens de propagation qui étaient au rendez-vous…

En ce 1er décembre, date à laquelle l’humanité célèbre la journée de lutte contre ce fléau, les pairs éducateurs de l’institut Faraja à Goma insistent sur un seul message : celui de l’abstinence. Ayant entre 12 et 17 ans, ces jeunes élèves sont bien conscients des risques qu’ils courent. ‘’Je pense qu’il est sage de s’abstenir de tout rapport sexuel avant le mariage’’, déclare Damien Lingima, élève en troisième des Humanités pédagogiques et porte-parole du club VIH/Sida. Mais si le jeune homme de 16 ans se montre plus convaincant à l’idée de s’abstenir de tout rapport sexuel avant le mariage, il ne nie pas cependant, la tentation qui habite souvent ses autres camarades. ‘’Nous sommes souvent animés par la curiosité de découvrir certaines choses, je sais que nous devons faire attention. Mais c’est dure de résister parfois’’, ajoute-t-il. 

Ici, les élèves membres du club de lutte contre le VIH/SIDA parlent de l’histoire du sida et comment la maladie se propage. C’est dans une des classes à l’école que ces derniers se rencontrent chaque mardi et jeudi de la semaine. Chacun parle alors de ce qu’il connait sur le sida. Après, chaque membre se donne la tâche de sensibiliser deux personnes pendant la semaine. Ces dernières seront reçues lors d’une prochaine rencontre du groupe et auront également la tâche de sensibiliser aussi deux autres personnes de leur choix. Et, ainsi de suite. ‘’Quand nous utilisons nos propres termes pour parler du sida, le message passe directement’’, explique Clarisse, 14 ans, élève de l’école. Entre nous, nous n’avons pas honte de parler du sexe.

Parler du sida dans les milieux scolaires rentre dans le cadre d’un projet Caritas Goma exécute. Financé par Caritas Australie, le projet ‘’Afia” permet de mener des campagnes de sensibilisations dans des écoles de la région pour lutter contre les IST et le Vih/sida en milieu scolaire. Le projet Afia forme également les jeunes dans la promotion de la cohabitation pacifique. L’objectif étant de contribuer à la prévention, à la gestion des conflits et à la promotion d’une culture de la paix en RDC en générale et au Nord-Kivu en particulier.

En fait, le VIH/Sida affecte de plus en plus les jeunes. L’absence d’informations sur le mode de contamination, le comportement sexuel à risque et l’usage en commun des objets tranchants les exposent au virus. D’où l’importance d’en parler. La plupart des adolescents en RDC se livrent très tôt aux relations sexuelles non protégées, révèle le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), dans un communiqué de 2016. L’organisation rapporte que 0,5% des jeunes de 10 à 19 ans sont séropositifs, avec une disparité entre les filles et les garçons. Les données montrent que le nombre d’adolescents âgés de 15 à 19 ans vivant avec le VIH est en croissance. De 21.300 cas en 2001 à 37.000 en 2014, indique le même rapport. Les décès causés par le VIH chez les adolescents sont également en hausse, passant de 1.100 cas en 2001 à 1 600 décès en 2014. A l’Unicef d’ajouter que neuf adolescents sur dix en RDC, ignorent les modes de transmission du VIH.

Les études témoignent que l’’éducation par les pairs permet d’atteindre efficacement un groupe qui autrement n’écouterait pas quelqu’un de plus âgé ou venant d’un environnement social différent. Si les jeunes ont reconnu les dangers du VIH/SIDA, très peu sont familiers avec les mesures préventives. Au contraire, la plupart d’entre eux ont acquis leur connaissance de la maladie via des sources incertaines comme des films ou des amis eux-mêmes mal informés sur le sida. D’où l’importance de lutter contre cette maladie en passant par les jeunes eux-mêmes que mène Caritas Goma dans la ville de Goma et ses environs.

Cellule de Communication

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