Main dans la main pour sauver encore des vies

Goma, le 30 Décembre 2018 (caritasgoma.org) – Plus de deux décennies durant, la République démocratique du Congo (RDC) est en proie à l’insécurité généralisée. Point n’est besoin de rappeler ici les tableaux peints de sang des fils et filles qui ont perdu leurs vies. La situation est toujours alarmante dans sa partie Est, où hommes et femmes continuent à subir les affres de la guerre. Ces femmes, hommes, enfants et vieux sont privés de leur dignité à cause de l’intolérance ou encore du refus des hommes de vouloir bâtir une société où prévalent l’amour, la liberté, la solidarité et le mieux-être.

Depuis 1993, les conflits interethniques et les guerres jettent de milliers de gens sur la route et les obligent à s’entasser dans des camps de fortune où ils passent la nuit à la belle étoile. Cependant, le drame humanitaire que connait l’Est du pays n’a pas laissé indifférent, les organisations humanitaires qui n’hésitent pas à intervenir pour soulager tant soit peu la souffrance de populations en errance.

Néanmoins, force est de constater que l’attention portée jadis sur cette partie du pays commence à faiblir. Les aides venant de l’extérieur deviennent de plus en plus rares. Est-ce un signe de lassitude de la part de certaines organisations humanitaires ? Ou tout simplement un signe de relâchement des donateurs, qui en ont assez de cette Afrique meurtrie par les guerres ?

Au moment où l’Est de la RDC ne fait plus la une des informations de chaines internationales, ceux qui, autrefois, soutenaient à la hauteur de leurs moyens les populations en souffrance voient diminuer sensiblement leur enveloppe. Il faut noter que la crise financière mondiale n’a pas épargné nos partenaires.

Nonobstant, l’Est de la RDC éprouve plus que jamais le besoin d’une intervention humanitaire. La solidarité internationale est encore nécessaire car les populations déplacées sont encore dans le désarroi total et leur nombre ne fait qu’augmenter.

Sur l’ensemble du territoire congolais (2,3 millions de km2, 70 millions d’habitants, neuf pays frontaliers), le Haut-Commissariat pour les réfugiés a enregistré une croissance du nombre des déplacés internes de “deux millions début 2017 à près de quatre millions six mois après.

La République démocratique du Congo (RDC) est d’ailleurs le pays au monde qui compte le plus grand nombre de déplacés internes, avait déjà révélé en mai 2017 le Conseil Norvégien pour les réfugiés (CNR), qui avançait alors le chiffre de 3,7 millions. Les régions le plus concernées sont: le Nord et le Sud Kivu, le Tanganyika et le Kassaï.

Entassés dans des camps de fortune, l’on comprend sans doute que le souci majeur de ces déplacés consiste à trouver de quoi se mettre sous la dent. Mais en réalité, le plus grand souhait demeure le retour dans leurs contrées où ils retrouveront leurs maisons, leurs champs, leurs familles. Une paix qui, malheureusement semble loin d’être acquise.

Ce tableau, rappelle aux hommes de bonne volonté qu’il y a encore des vies humaines à sauver à l’Est de la RD Congo. Là où la dignité de l’homme est bafouée et menacée dans son essence, la conscience collective invite l’humanité entière à se lever pour sauver nos semblables qui vivent une amère privation et éprouvent le sentiment d’abandon mais aussi de celui du désespoir. Ne dit-on pas qu’une ipséité en vaut une autre? Que notre solidarité envers nos prochains soit davantage agissante. Vif, notre engagement pour la paix et la sécurité.

Que le Prince de la paix, l’Emmanuel Dieu parmi nous, fasse renaitre dans les cœurs de chacun l’espérance longtemps brisée par toutes ces crises qui continuent à déshumaniser notre monde.

A vous tous, je souhaite une bonne fête de Nativité de notre Seigneur Jésus Christ et une bonne et heureuse année 2018.

Abbé Oswald Musoni

Edito

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