Nord-Kivu : L’insécurité continue à clouer les personnes déplacées dans leurs lieux de refuge

Goma, le 26 juin 2014 (caritasgoma.org) – Bahati vient de perdre son mari et ses deux enfants avant de se retrouver dans le camp de déplacés de Nyanzale, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). 

DSC01483

Agée de 26 ans, Bahati vit, depuis trois ans, dans le camp de déplacés avec ses autres enfants. Elle a fui son village suite aux combats qui opposaient l’armée aux Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

“C’était un soir après la soupé quand j’ai vu quatre rebelles s’approcher de notre case, raconte-t-elle. Une fois dans la parcelle, ils tuent, sous mes yeux, mon mari et mes deux fils avant de bruler la case. Mais, ils ont épargné ma vie et celle de mes trois autres enfants. Depuis ce jour-là, le camp de déplacés est mon refuge”.

Aujourd’hui, Bahati a peur de rentrer dans son village à cause de la présence des FDLR dans son village. Les observateurs misent sur le processus de désarmement des FDLR comme une chance pour la région. Une délégation des FDLR est à Rome, ce jeudi 26 juin, sur invitation de la communauté religieuse Sant’Egidio.

Selon l’ONU, environ 1.400 combattants FDLR se cachent encore dans l’est de la RDC où ils vivent parfois incognito parmi les civils congolais.

Créées en mai 2000, les FDLR regroupent des membres de la milice rwandaise “Interhamwe” et la plupart d’anciens soldats des Forces armées rwandaises, accusés d’être les auteurs du génocide de 1994.

Installés dans les “zones rouges”, des localités congolaises sous contrôle des rebelles rwandais, les FDLR sont éclatés en plusieurs composantes et imposent une “justice” aux civils. Le viol et l’incendie sont les peines maximales de leurs jugements arbitraires.

Ces crimes des FDLR en RDC ont conduit à l’arrestation en France, en octobre 2010, de Callixte Mbarushimana, secrétaire exécutif des FDLR, poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour “crimes commis à grande échelle” dans l’est de la RDC en 2009 et 2010. Mais la CPI l’a libéré en décembre 2011, pour insuffisance de preuves pouvant le tenir pénalement responsable des charges de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité portées contre lui par le procureur.

Son arrestation a été précédée par celle du président des FDLR, Ignace Murwanashyaka et de son vice-président Straton Musoni, à la fin 2009 en Allemagne, accusés, par un tribunal allemand, de crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans l’est de la RDC. Leur procès en cours.

En juillet 2012, la CPI a délivré un mandat d’arrêt contre Sylvestre Madacumura, chef d’état-major des forces armées des FDLR, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis aussi dans l’est de la RDC.

Comme Bahati, beaucoup d’autres personnes restent clouées dans les camps de déplacés et les familles d’accueil. La RDC compte 2,6 millions de personnes déplacées internes, ajoute l’ONU. Sur ce total, le Nord-Kivu comptabilise plus d’un million (40%). Ce déplacement dans la province est à plus de 90% lié à l’insécurité causée par l’activisme des groupes armés et les opérations militaires menées par l’armée contre ces derniers.

Parmi les personnes déplacées au Nord-Kivu, l’ONU indique que 33% sont installées sur les sites de déplacement. Et les autres dans les familles d’accueil. Parmi ces déplacées internes, certains le sont depuis 2009…

Cellule de Communication

 

Laisser un commentaire

Don à Caritas Goma