Œuvrer pour réduire la transmission du VIH de la mère à l’enfant

Goma, le 24 novembre 2014 (caritasgoma.org) – Dans la riposte au VIH, Caritas Goma lutte contre les violences sexuelles, appuie le système de santé local pour le dépistage volontaire et prend en charge les malades atteints du VIH. Comme le cas de Joséphine.

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Joséphine, 34 ans, habite Rubare, à 60 km au nord de Goma, capitale du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où elle vend des beignets devant sa maison. Elle était auparavant mariée à Rutshuru, à 10 km de Rubare, où elle vécut pendant 11 ans avec son mari avant que ce dernier ne meurt d’une “longue et terrible maladie”. Le mari avec lequel ils essayaient d’avoir un enfant.

Mais tous les neuf qui sont venus au monde mouraient deux ou trois jours après la naissance puisque, selon les experts, Joséphine ne s’est jamais présentée à la Consultation prénatale (CPN) et accouchait toujours à la maison. Mais pour les voisins, c’est une sorcière qui “en a marre de bouffer ses enfants pour s’en prendre également à son mari”. Frustrée, Joséphine fuit Rutshuru et s’installe à Rubare. En une année, elle y trouve un nouveau mari.

Un jour, elle se présente au centre de santé [géré par Caritas Goma] de Rubare pour la CPN. De là, Joséphine est sensibilisée sur le dépistage pour connaitre son état sérologique. Après les examens, les résultats indiquent qu’elle est infectée par le virus. Croyant avoir raté sa vie, elle refuse d’informer son mari.

Mais avec la sensibilisation du médecin – qui est tiraillé entre sa responsabilité d’assister le partenaire mis en danger et le respect du secret médical, base de sa relation avec les patients – Joséphine, qui est déjà sous un traitement aux antirétroviraux (ARV) grâce à Caritas Goma, informe son mari. Et après le test, les résultats sont discordants : le mari n’est pas infecté. Dans une région où les femmes sont répudiées parce qu’elles sont séropositives, ce dernier n’a rien trouvé de plus simple que de “faire comme tout le monde”, dit-il.

Abandonnée, Joséphine doit refaire sa vie sans le père de son enfant. Et chercher comment le nourrir. Elle raconte son histoire dans une petite pièce qui lui sert de chambre à coucher, les larmes aux yeux. “J’ai accepté de partager ma vie avec ce virus pour aider mon enfant à grandir après le départ de son père”, dit-elle.

Identifiée par Caritas Goma comme vivant avec le VIH et dans l’extrême pauvreté, Joséphine bénéficie d’un projet financé par Caritas Australie dans la production et la commercialisation des beignets (appelés ndazi). Chaque matin, elle passe au lieu de production pour prendre des ndazi qu’elle vend devant sa maison. Le soir, elle garde un tiers de sa vente et remet les deux tiers dans la caisse de son “groupe solidaire”.

Joséphine bénéficie aussi d’un projet de rotation des chèvres de Caritas Goma. La méthode utilisée : les premières en donnent les petits aux secondes. Apres la première mise bas de la chèvre souche, suivie de la période de sevrage, la première bénéficiaire garde les petits. Enfin, elle remet la chèvre souche à une autre bénéficiaire.

Cellule de Communication

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