Planter un arbre pour que 50-50 soit une réalité dans le monde du travail le jour où on va en consommer les fruits

Goma, le 14 mars 2017 (caritasgoma.org) – Une première ! Elles sont – près de 150 femmes travaillant dans les différentes structures gérées par Caritas Goma (Est de la République démocratique du Congo) – qui ont planté  un arbre fruitier. Une façon pour elles de célébrer la Journée internationale de la femme, ce 8 mars 2017. Aussi de transmettre un message sur la parité hommes-femmes dans le monde du travail d’ici à 2030.

Accroupie sous une atmosphère qui laisse penser à une pluie qui s’annonce, Myriam Inyigwambi s’attèle à creuser le petit troue où sera mis l’oranger. Entourées d’autres femmes, la gestionnaire de ‘’Tujenge Pamoja’’, l’institution de micros finance de Caritas Goma, esquisse un petit sourire avant de déclarer à la foule : ’’Le jour où on mangera les fruits de cet arbre, le 50-50 dans le travail sera une réalité  au Congo-Kinshasa’’.

Ce message est donné en rapport avec la Journée internationale de la femme. Pour Inyigwambi, le 8 mars est une occasion de dresser le bilan des progrès réalisés, d’appeler à des changements et de célébrer les actes de courage et de détermination accomplis par les femmes. Des femmes qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire de leur pays et de leur communauté. Si l’égalité hommes-femmes au travail est un impératif du développement durable, les femmes sont encore trop nombreuses à exercer des activités peu rémunérées et peu qualifiées a déploré Inyigwambi. Et cela à cause des certaines discriminations dont elles sont victimes dès le bas âge. D’où, pense la gestionnaire de Tujenge Pamoja, en grandissant, les filles doivent être exposées à plusieurs possibilités de carrières et être encouragées à faire des choix qui les mènent à des emplois. Cela peut être dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture, de la fonction publique, ou encore des sciences.

Ce changement commence au sein même de la famille et dès le plus jeune âge. A l’école, pour qu’à aucun moment dans l’environnement de l’enfant, il ou elle n’entende que les filles sont inférieures, qu’elles doivent s’attendre à moins et avoir des rêves moins ambitieux que les garçons. C’est pour cette fin que les femmes de la Caritas Goma comptent mener des actions sous forme des colloques, des conférences-débats à l’instar de celle animée ce 8 mars. Avec trois sujets développés par trois femmes, les oratrices ont focalisé leurs exposés sur le réveil de la conscience des femmes présentes à la conférence. Celles-ci ont, entre autres juré, de batailler pour mettre la femme congolaise dans une possibilité de renforcer ses capacités d’ici à l’horizon 2030.

Selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié en 2013, le travail des femmes constituerait un tremplin de croissance pour l’économie mondiale s’il était encouragé dans les pays en développement. Car les femmes représentent 40% de la force du travail de l’économie mondiale. A ce rapport, il faut ajouter que leur participation au secteur informel est supérieure à ce chiffre. Sans compter le travail non payé : les soins ménagers pour lesquels elles consacrent deux heures et demie de plus chaque jour que les hommes.

Mais puisque le travail est presque inexistant au Congo-Kinshasa, Inyigwambi encourage les femmes qui se sont mises aux avant-postes en se débrouillant avec des petits commerces pour subvenir aux besoins de leur famille.

A noter que cette journée a commencée par une messe d’action de grâce dite par Mgr Louis de Gonzague, vicaire général et curé de la paroisse Saint-Esprit à Goma. Parmi les concélébrants : l’abbé Oswald Musoni, directeur de Caritas Goma et l’abbé Protais Karangwa, gestionnaire de l’hôpital général Charité maternelle de Caritas Goma.

Cellule de Communication

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