Quand l’eau potable fait défaut

Goma, le 2 décembre 2014 (caritasgoma.org) – Selon l’ONU, 51 millions de personnes en République démocratique du Congo RDC), soit trois quart de sa population, n’ont pas accès à l’eau potable. Parmi celles-ci, 37 millions vivent dans les milieux ruraux.

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Yvette, 14 ans, marchait en moyenne 50 minutes par jour pour puiser de l’eau non traitée directement dans la rivière qui traverse Rubaya, cité située à 60 km à l’ouest de Goma, capitale du Nord-Kivu. Un va-et-vient angoissant et fatiguant pour chercher de l’eau qui cause choléra, verminose, diarrhée… décès.

Mais depuis que Caritas Goma a aménagé six bornes fontaines, avec deux ou trois robinets dans cette cité, 5 minutes lui suffisent pour trouver de l’eau potable. “Je suis maintenant ponctuelle à l’école puisque le temps que la recherche d’eau prenait m’empêchait de l’être”, dit-elle.

En effet, l’eau potable est une denrée rare en RDC. Pourtant, ce pays au cœur du bassin du Congo possède le deuxième fleuve au monde après l’Amazone. Ce pays de 70 millions d’habitants dispose aussi d’une importante quantité d’eau douce. Mais d’après les dernières estimations, la RDC perd chaque jour plus de 40.000m³ d’eau douce par minute, se jette dans l’océan Atlantique, faute d’une gestion rationnelle de cette ressource.

Quant à l’alimentation d’eau dans les zones urbaines, c’est l’absence d’une politique en matière d’eau qui est mise en cause. Selon la Régie de distribution d’eau, le taux de desserte avait dépassé 70% en 1990 dans les villes. Mais il a dégringolé depuis. Il était déjà à 35% en 2008. Pour causes : sur les 94 centrales de la Regideso, 32 ne sont plus en activité. Même les 62 en état de marche n’utilisent qu’une partie de leur capacité.

Mais la question se pose surtout avec acuité dans les zones rurales. Où, selon une étude du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), publiée en 2012, plus de 37 millions de ruraux n’ont pas d’autre choix que de puiser de l’eau non traitée directement dans le fleuve, le lac ou la rivière. “Un enfant vivant dans un village congolais a quatre fois plus de risques de boire de l’eau contaminée qu’un enfant vivant en zone urbaine”, souligne le bureau/pays du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) en RDC. Par conséquent, plus de 2 millions d’enfants congolais, soit un enfant sur cinq de cette tranche d’âge, sont régulièrement atteints des maladies d’origine hydrique, selon les chiffres du ministère de la Santé de la RDC.

Face à ce défi, Caritas Goma aménage des sources d’eau dans les milieux ruraux. Où la situation nécessite une solution durable. Grâce au financement de Secours catholique/Caritas France, Caritas Goma exécute, depuis 2012, un projet sur l’approvisionnement en eau potable et la promotion de l’hygiène et de l’assainissement dans la région de Rubaya et de Sake. Où elle a mis en service une adduction gravitaire d’eau potable à Rubaya, 30 sources d’eau potable… et 1.200 latrines familiales en faveur de 90.000 personnes.

Selon les statistiques du centre de santé de Rubaya [administré par Caritas Goma], l’approvisionnement en eau potable dans la cité de Rubaya et la promotion de l’hygiène ont changé la donne. Les cas de choléra sont passés de 787 en 2013 à 425 cas en 2014. De même, ceux de verminose sont passés de 3.341 cas à 2.055 cas…

Le changement est aussi observé sur le plan sécuritaire. “Des enfants mouraient par noyade quand nous allions chercher de l’eau à la rivière. Et il y avait également des disputes entre les femmes qui puisaient l’eau et celles qui y faisaient la lessive”, se souvient Yvette. Mais depuis que Caritas Goma a amené l’eau dans la cité, il n’y a plus de noyade, ni de dispute, liés à la recherche de cette denrée, affirme le chef de la cité.

Pour la pérennisation de ce projet, un comité de gestion a été créé et formé pour assurer sa maintenance. La stratégie de Caritas Goma est d’impliquer les bénéficiaires dans un projet. Pour chaque ouvrage, Les structures administratives locales et surtout le bureau central de la zone de santé de la région sont suffisamment impliqués. Car un projet hydraulique a un double but. D’une part, il renforce les capacités des communautés et comités de gestion bénéficiaires dans la gestion et la maintenance des ouvrages aménagés. D’autre part, il prépare les communautés à l’aménagement des futurs ouvrages hydrauliques et sanitaires.

Avec le financement de ses partenaires (Secours catholique, MISEROR, CAFOD, DGIC-SOS-PG, Terre sans Frontières, FCP, REHA, Caritas Espagne, Caritas Luxembourg, Caritas Italie, MONUSCO et AMICI DI SILVANA), Caritas Goma a, depuis 1994, aménagé 15 adductions d’eau et plus de 2.500 sources d’eau potable.

Cellule de Communication

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