Rapport : Comment soulager tant soit peu les cas de malnutrition dans la province du Nord-Kivu

Goma, le 06 octobre 2016 (caritasgoma.org) – La malnutrition  sévit de façon endémique dans la province du Nord Kivu   à cause de la pauvreté sensible exacerbée par les conflits armés.

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Une enquête territoriale  réalisée par le PRONANUT National  a montré ce qui suit :

PROVINCE DU NORD KIVU

Malnutrition  aiguë  par zone de santé selon les références de l’OMS 2006

JANVIER 2016

 

Communes/territoires Zones de santé MAG*¹ MAS*² Effectif
Ville de Goma        
GOMA KARISIMBI 0,2 % (0,0 – 1,6) 0,0 % (0,0 -0,0) 517
TERRITOIRES        
RUTSHURU BAMBO 14,4%(5,0-34,9) 6,8%(1,6-24,7) 146
BIRAMBIZO 11,8%(5,1-24,8) 5,5%(2,1-13,6) 238
BINZA 4,8%(2,0-11,0) 0,0%(0,0-0,0) 189
RUTSHURU 6,2%(2,2-16,0) 0,6%(0,0-6,6) 179
RWANGUBA 4,7%(2,2-9,6) 0,5%(0,0-5,6) 192

 

Selon l’enquête EDS 2013-2014, le taux de malnutrition chronique se situe à 52%  au niveau de la province du Nord Kivu

Pour apporter son soutien à ces enfants  vulnérables, la Caritas Goma compte prendre en charge pour l’année 2017 :   4922  enfants dans le programme  thérapeutique et  13 258 dans le programme de supplémentation.

Il ressort, après le projet financé par Caritas Allemagne,  que le problème de prise en charge demeure dans la zone de santé de Birambizo  comme nous nous l’étions constaté lors de la dernière descente de Caritas Allemagne.

Dans les autres zones de santé  où la Caritas Goma  est co gestionnaire (Kibirizi, Rutshuru, Binza, Goma, Karisimbi et dans les  zones de santé voisines de Rwanguba  et  Bambu, les besoins pour la prise en charge de la malnutrition aigue  restent  ressentis. Seul MSF France appui l’Hôpital Général de Référence avec une unité nutritionnelle thérapeutique intégrée.

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A ce jour, la zone de santé de Birambizo est appuyée par l’ONG Première urgence  pour la prise en charge de la malnutrition  dans  2 aires de santé (Bishusha et Kizimba) et 2 cliniques mobiles  (Poste de santé RUYA et au CS JTN), les 6 autres aires de santé sont sans appui.

Ces besoins sont plus prioritaires dans les aires de santé  des zones de santé suivantes :

  • Zone de santé de Birambizo et Kibirizi: toutes les aires de santé (mouvement pendulaire de la population)
  • Zone de santé de Rutshuru : Murambi (palu chronique), Rubare et Katale (problème d’accès à la terre), Rugari (problème d’eau), Mapendo (la cité de Kiwanja a accueilli beaucoup de déplacés qui ne veulent pas rentrer dans leurs villages vue la situation sécuritaire encore volatile),
  • Zone de Rwanguba : Ntamugenga (vente toute la récolte, alimentation monotone et non équilibré), Kabaya (camp militaire, vol récolte), BUGUSA (terre infertile), Karambi (insécurité dans les villages frontaliers à l’Ouganda), Matebe et Kabindi (population pauvre, le wilt bacterien a ravagé les bananiers)
  • Zone de santé  de Binza toute  la zone car inaccessibilité aux champs du à l’occupation des forces négatives (FDLR/Nyatura et Mai mai)

Pour l’année 2017, la caritas  voudrait focaliser ses actions  sur les rayons  suivantes  considérant les aires de santé choisies selon l’accessibilité physique et géographique.

  • Zone de santé de Birambizo : aires de santé Birambizo, Mushebere, Rusekera, Bishusha et Kizimba  qui sont accessibles
  • Zone de santé de Rutshuru : Murambi, Rubare, Mapendo, Katale, Rugari
  • Zone de Rwanguba : Ntamugenga, Karambi, Bugusa, Kabaya, Kabindi, Matebe
  • Zone de santé de Binza : Kiseguro, Katwiguru, Kisharo, Buramba,  Nyamilima, Nyaruhange, Ishasha,  situées le long de la route si escorte MONUSCO

Les activités à mener sont :

  • Dépistage et référence des cas de malnutrition
  • Soins nutritionnels et médicaux des enfants malnutris
  • Education sanitaire et nutritionnel en faveurs des accompagnants
  • Suivi journalier, hebdomadaire et mensuel des cas
  • Supervision des activités

En ce qui concerne  la prévention, la cartographie  des besoins se présente de la manière suivante :

  • Zone de santé de Birambizo : aires de santé  Birambizo, Mushebere, Rusekera, Bishusha et Kizimba  qui sont accessibles
  • Zone de santé de Rutshuru : Murambi, Rubare, Mapendo, Katale, Rugari
  • Zone de Rwanguba : Ntamugenga, Karambi, Bugusa, Kabaya, Kabindi, Matebe

Ces besoins sont axés sur  les activités prioritaires  suivantes :

  • Renforcement des capacités pour la promotion de  l’ANJE (alimentation  du nourrisson et du jeune enfant), la NAC (nutrition à assise communautaire)  et  la CPS redynamisé dans  les zones de  santé de  Karisimbi, Rutshuru, Rwanguba où les taux de malnutrition ne sont pas alarmants  mais dans le but d’éviter que la situation de  la malnutrition ne s’aggrave dans l’avenir
  • Suivi de proximité des indicateurs ANJE, CPS (Consultation préscolaire) redynamisé, CPN (consultation prénatale) recentrée
  • Appui en médicaments nécessaires pour garantir la qualité des activités préventives (CPS, CPN)
  • Mise en place  des activités de communication pour le changement de comportement
  • Associer les activités de   sécurité alimentaire (petit jardin, petit élevage (cobayes),  initier les AVEC (Associations Villageois d’Epargne  et de Crédit)

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A la fin du projet prévention financé par Caritas Allemagne dans 4 aires de santé de la zone de santé de Birambizo, l’impact du projet  nous a laissé les résultats  globaux suivants :

  • Les jardins ménagers sont disséminés dans tous les villages et la population fait  de ce cette activité une priorité au vue des efforts réduits  pendant tout le processus depuis le semis jusqu’à la  production versus les bénéfices tirés du point de vue nutritionnel et financiers comparés aux autres cultures habituelles telles le mais, sorgho, haricot
  • L’accompagnement des ménages par des sensibilisations sur les notions de l’ANJE à travers les relais communautaires et la gestion collégiale des récoltes dans les ménages
  • Des recettes pour diversifier les menus (les ménages ont appris la préparation de la bouillie à base des aliments locaux composée de  la farine de mais,   farine sorgho et farine soja  ou arachide enrichie avec de l’huile  de palme  rouge, la préparation des menus avec aliments à 4  étoiles

Les leaders communautaires en collaboration avec la zone de santé sont désormais impliqués dans la lutte contre la malnutrition en s’attaquant aux causes en rapport avec les comportements des parents dans les ménages et la monotonie culturale

Il s’avère donc indispensable de maintenir ces acquis tout en se focalisant également sur la sensibilité de la malnutrition  dans l’avenir toute chose restant égales  par ailleurs, car les facteurs favorisants (déplacement,  insécurité, insuffisance champs, paludisme chronique, manque d’eau potable, wilt bactérien)

Au niveau de la province,  le problème de disponibilité en plumpynut  chez  l’UNICEF reste un casse tête depuis plus de 2 ans, le cluster encourage les partenaires à  se chercher un financement  pour avoir des intrants pour la prise en charge de la malnutrition aigue.

Un marché américain pour le PPN livre à Goma, 1 carton de PPN à 45$ et exige un minimum d’un container pour accepter le marché. Un container pourrait contenir  900 cartons de plumpynut. Les détails sur le circuit de ce marché sont disponibles à l’UNICEF Goma.

Les besoins en intrants  sont :

  • Lait thérapeutique F 75 : 164 cartons
  • Lait F100 : 82 cartons
  • PPN : 2756 cartons
  • Médicaments pour le traitement systématique : à estimer
  • Médicaments pour le traitement spécifique : à estimer
  • Autres matériels : gobelet, cuillère, thermos, casseroles, boites à images, brasero, spatules :

Le plumpynut, ce produit qui sauve mais qui est rare dans les structures de prise en charge nutritionnelle du Nord Kivu.

Pour l’avoir, un appui extérieur est nécessaire.

BDOM

(*1) Malnutrition aigüe globale

(*2) Malnutrition aigüe sévère

 

 

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