Rutshuru : Assainir son environnement en termes de pas

Goma, le 13 mars 2017 (caritasgoma.org) – Dans le cadre de la mise en œuvre du programme national Village et école assainis en République démocratique du Congo (RDC), Caritas Goma y met son expertise pour promouvoir – auprès des communautés rurales – de bonnes pratiques en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement. La mise en œuvre du programme est alors organisée en dix étapes : allant de “Pas 0” jusqu’à “Pas Post-certification”.   

Singa est un village dans la zone de santé de Birambizo, dans le territoire de Rutshuru, en province du Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC. Derrière l’une de ses maisons, on aperçoit, de loin, un trou à ordures. De l’autre côté, c’est un dispositif de lavage des mains qui est placé près d’une latrine hygiénique. Nous sommes chez Devota… La dame vit dans cette région où les années de guerre ont considérablement dégradé les infrastructures sanitaires. Ce, au point que les principales causes de mortalité sont aujourd’hui des maladies que l’on sait pourtant traiter ou prévenir.

Mais Singa participe au programme Village assaini. Comme Devota, chaque membre du village s’est engagé à s’impliquer pleinement à chacune des étapes du processus pour améliorer ses conditions en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement. Les étapes de ce processus sont appelées “Pas” : comme les pas d’un homme, d’une femme et d’un enfant marchant ensemble sur un chantier pour atteindre un village assaini.

Le processus Village assaini se déroule Pas après Pas pour atteindre le statut “assaini”. Mais il ne peut s’arrêter, même après l’obtention du statut car l’action communautaire doit se poursuivre avec la maintenance des ouvrages et le maintien des changements de comportements pour des bénéfices dans le temps.

Village ou école “assaini”

Un village devient “assaini” s’il dispose d’un comité dynamique ; si au moins 80% des ménages utilisent une latrine hygiénique ; si au moins 80% des ménages évacuent hygiéniquement leurs ordures ménagères ; si au moins 60% de la population se lave les mains avec du savon ou la cendre avant de manger et après avoir été aux toilettes ; si au moins 70% de la population comprend le schéma de transmission des maladies à partir du péril fécal et les moyens de préventions ou encore si au moins une fois par mois le village est nettoyé.

Parallèlement, une école est “assainie” si 100% du personnel enseignant et 100% du comité des parents d’élèves sont sensibilisés ; si 80% de manuels pour élèves sont disponibles (1 manuel pour 2 élèves et 1 guide par enseignant) ; si 80% de latrines sont hygiéniques (1 porte pour 40 filles et 1 porte pour 50 garçons) ; si 100% d’eau potable est disponible et 80% d’élèves se lavent les mains avec du savon ou de la cendre ; si une fois par jour, la cour d’école et les salles de classe sont balayées et les déchets jetés dans un trou à ordure ou si 100% de brigadiers de santé et d’environnement élus dans les écoles sont sensibilisés et opérationnels. 

En fait, exécuter un projet en favorisant son appropriation par les communautés rurales bénéficiaires est l’objectif de cette campagne de sensibilisation participative que Caritas Goma mène dans les zones de santé de Birambizo et de Bambo. Le projet a, depuis une année, ciblé 25 villages et 10 écoles par zone de santé. Quelque 200 personnes ont été choisies pour sensibiliser leurs voisins à adopter de bonnes pratiques d’hygiène. Financé par l’UNICEF, le projet vise que, en cas de besoin, ces communautés puissent revenir de façon indépendante sur des techniques de mobilisation communautaire des normes hygiéniques et sanitaires.

Un processus à 10 étapes sur 24 mois

Pas 0 : Décision communautaire

C’est lorsque l’information est donnée aux communautés rurales sélectionnées. [Et parfois même aux communautés non-sélectionnées]. Et celles-ci comprennent le programme. Certains villages du périmètre de la zone du projet sont alors sélectionnés en fonction des critères et de collaboration avec les autorités locales.

Pas 1 : Engament mutuel

Ici, les leaders communautaires procèdent à l’identification et au “recrutement” des ressources humaines du village.

Pas 2 : Evaluations initiales

Ici, la communauté fait un diagnostic sur la faisabilité des options pour améliorer l’accès à l’eau potable et aux latrines.

Pas 3 : Analyse participative

Ici, les membres du village procèdent par l’élection démocratique d’un Comité dynamique “Village assaini”.

Pas 4 : Gouvernance locale

Déclenchement de la construction ou amélioration des latrines domestiques avec des points de lavage des mains.

Pas 5 : Planification communautaire

Les comités des villages sont formés sur la prestation des services et la gestion financière de base de leurs milieux.

Pas 6 : Action à base communautaire

Les communautés s’approprient le projet et les mettent en œuvre où les enfants agissent comme vecteurs de changement.

Pas 7 : Evaluation post-action

Les communautés comprennent qu’un point d’eau potable n’est pas une garantie. Il dépend du résultat des analyses techniques et économiques. D’où, elles procèdent à un investissement externe pour l’accès à l’eau potable.

Pas 8 : Certification

Les communautés évaluent les attentes du projet Village assaini et les valident. Le village est donc devenu assaini.

Post-certification

Les communautés revoient le plan de maintien. Puis élaborent un autre plan, celui de rattrapage… si nécessaire.

Cellule de Communication

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