Se reconstruire une nouvelle vie

Goma, le 08 Décembre 2017 (caritasgoma.org) – Orphelin de père et de mère dès 2 ans, Alain (âgé aujourd’hui de 17 ans), essaie de construire une nouvelle vie grâce à l’appui de Caritas Goma.

 

Au total, 5791 enfants associés aux forces et groupes armés sont sortis des groupes armés et 5540 d’entre eux ont été réunifiés avec leur famille de 2010 en Août 2017, grâce aux efforts de Caritas Goma et d’autres partenaires œuvrant dans le domaine de la protection de l’enfant. Parmi ces ex-enfants soldats, certains d’entre eux tentent aujourd’hui de construire leur vie grâce à un projet que Caritas Goma exécute à Walikale, un territoire se trouvant à environs 234 Km de Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Financé par Caritas Allemagne, le projet prend en charge 150 ‘’ex-enfants –hibou’’ (enfants exploités dans les carrés miniers de Walikale) et 300 ex-enfants soldats. Dans un autre volet et grâce à l’appui financier du Fond des Nations unies pour l’enfance, le projet se charge de scolariser 200 enfants et de faire l’apprentissage de métiers à 120 autres, tous confondus (ex-enfants hiboux’’, ex-enfants soldats ou enfants vulnérables).

Alain fait partie des enfants sélectionnés pour l’apprentissage de métiers dans le cadre de ce projet. Il a d’ailleurs réussi en mécanique automobile, avec 86 %, une distinction.  Ce, après avoir suivi une formation dans le centre de transit et d’orientation (CTO) à Walikale, pendant 3 mois.

‘’C’est un enfant qui a de l’avenir, il s’adapte avec une facilité étonnante’’, disait un de ses enseignants en mécanique automobile.

De centaines d’autres  enfants continuent à être arrachés de l’affection de leurs familles pour être enrôlés dans les groupes armés, des milliers d’autres sont encore en brousse, alors que leur place n’est pas là. Et, tous n’ont pas la chance d’Alain.

Au fait, en 2009, Alain est enrôlé de force dans une milice et servira au côté d’elle durant 6 ans en brousse. Mais un jour, il décide de fuir et de déposer les armes. Le déclic s’était fait par l’entremise d’une émission Radio. L’enfant écoute alors par hasard que Caritas Goma sensibilise au non- enrôlement des enfants dans les groupes armés. Le soir venu, l’enfant prit fuite jusqu’au village avoisinant l’endroit où il se trouvait. Et une fois arrivé dans ce village, on lui indiqua directement le chemin du CTO.

Etant orphelin de père et de mère, Alain a grandi dans la famille d’un pasteur de l’église d’où priait sa mère. Le soir où l’enfant a été capturé par la milice, il n’a plus trouvé les traces dudit pasteur. Et à sa sortie de brousse, les recherches pour retrouver ne- fut ce qu’un membre de sa famille ont été vaines. ‘’ Je ne me rappelle pas de ma famille et je ne sais pas par où commencer…’’, déclare Alain.

Mais en attendant d’être réunifié avec sa vraie famille, en décembre 2016,  le petit est reçu dans une famille d’accueil à Goma. Ici, il vit au milieu de quinze personnes : ’’J’ai de la chance de me retrouver ici, déclare-t-il d’un air joyeux. Avec les autres, je rigole tout le temps, je ne pleure plus comme ce fût le cas dans le maquis…  Et, la maman de cette famille, me donne l’image d’une mère que j’aurai pu avoir.’’

Pendant ses journées, l’ex-enfant soldat passe un stage de perfectionnement dans le garage de Caritas Goma. Et visiblement, il n’a pas du mal à s’adapter aux tâches ainsi qu’aux exercices de conduite et réparation des véhicules qui lui sont soumis au quotidien créant ainsi une admiration auprès de ses instructeurs : ‘’Alain est vraiment impressionnant. Il comprend vite. Avec cette attitude, il va réussir dans la vie’’, déclare Jules Ndugutse, chef de garage à la Caritas Goma, d’un air confiant.

Alain a tourné la page. Il se dit plus que jamais déterminé à construire une nouvelle vie. Une nouvelle histoire. Ce, malgré le passé qui colle encore à sa peau. ‘’ J’ai été forcé de participer à une guerre que je n’ai pas voulu. J’ai fait des choses atroces, je n’avais pas d’autres choix…’’, déclare –t-il.

Aujourd’hui, le garçon a grandi. Avec ses 17 ans d’âge, il rêve grand. ‘’Je souhaite continuer mes études après mon stage en mécanique ici à la Caritas Goma. Je voudrais avoir un diplôme… Je veux construire une nouvelle histoire où il ne sera plus question de prendre les armes pour survivre ‘’, rassure-t-il. A la fin de son stage à la Caritas Goma, Alain a été inscrit en 3ème  Mécanique dans un institut technique de Goma. En bleu et blanc – couleur de l’uniforme scolaire en RDC – cartable au dos, c’est un vrai citoyen qui se lève chaque matin à 6h00 et se rend désormais à l’école. ‘’ J’arrive toujours le premier à l’école…’’, dit-il en rigolant.

Plus tard, il dit vouloir devenir un grand chauffeur…  Un parcours exceptionnel d’un ex-enfant soldat qui n’a pas encore dit son dernier mot.

Bon vent Alain !

Lydie Waridi Kone

Cellule de Communication

 

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