Séisme : “Nous devons nous attendre à d’autres tremblements de terre avec dégâts” – professeur Wafula

Goma, le 10 août 2015 (caritasgoma.org) – Le professeur Dieudonné Wafula, responsable scientifique de l’Observatoire volcanique de Goma (OVG), dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), avertit que le séisme du 7 août dernier – ressenti dans trois pays – “aura indéniablement des conséquences sur les volcans de la région”.

Une vue partielle du volcan Nyiragongo

Une vue partielle du volcan Nyiragongo

Des membres d’une famille se précipiter au-dehors lors de la première secousse, des blessés retirés dans les décombres… A Goma, Beni, Butembo, Bukavu, Kisangani… [RDC], mais aussi à Rubavu, Kigali… [Rwanda] ou encore à Bujumbura [la capitale burundaise], les habitants de ces villes ont été réveillés, le vendredi 7 août, à partir de 3:26 (1:26 GMT), par un tremblement de terre. D’une magnitude de 5,8 sur l’échelle de Richter, le séisme a pour épicentre la zone du lac Tanganyika, en territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. La première secousse a été suivie d’une deuxième à 3:28. Puis d’une troisième quelques minutes plus tard.

Outre plusieurs dégâts matériels enregistrés dans le Sud-Kivu : 64 maisons détruites et d’autres fissurées, le séisme a fait, selon le porte-parole du gouvernement congolais, trois morts dans cette province voisine du Nord-Kivu.

Risques d’éruption volcanique

Huit volcans se succèdent sur la chaîne des Virunga. Deux forment la frontière RDC-Rwanda. Deux autres forment celle du Rwanda et de l’Ouganda. Et un est à l’intersection entre les trois pays. Les trois restants s’élèvent sur le sol congolais, dont le Nyiragongo (3.470 m) et le Nyamuragira (3.056 m) sont actifs [sur les huit]. Le premier est situé à 18 km à vol d’oiseau de Goma. Et le second, à 22 km de la capitale du Nord-Kivu.

La ville de Goma aux pieds du volcan Nyiragongo qui l'écrase de ses 3.470 m d'altitude

La ville de Goma aux pieds du volcan Nyiragongo qui l’écrase de ses 3.470 m d’altitude

Pour le professeur Wafula, le tremblement de terre du 7 août “aura nécessairement un impact, qu’on le veuille ou pas” sur ces volcans. “Nous enregistrons des tremblements tous les jours [plus de 150 répliques depuis cette date] (…). Ces tremblements de terre peuvent provoquer des éruptions volcaniques, ce fut déjà le cas en 1977 et en 2002. La région est en train de bouger. Nous devons faire beaucoup attention à ça”, dit-il.

En 1977, une énorme éruption a entrainé sa vidange : 22 millions de m³ de lave en moins d’une heure, entrainant la mort de 2.000 à 3.000 personnes sur Goma. La dernière grosse éruption, celle de 2002, a aussi déclenché une véritable catastrophe naturelle. Environ 20 millions de m³ de lave ont été émis par un très important système de fractures affectant le flanc sud de Nyiragongo et ce, jusqu’à l’intérieur de la ville de Goma.

En effet, les coulées de lave ont traversé la ville – détruisant 13% de sa surface – avant de terminer leur course dans le lac Kivu. Une centaine de personnes a été tuée par les conséquences directes ou indirectes de l’éruption. Celle-ci a laissé 100.000 sans-abris et ruiné 80% de l’économie locale. L’OVG avertit qu’une nouvelle éruption aurait sur la population et les infrastructures des conséquences plus importantes que celle de 2002.

Plan de contingence

En réponse à cette éruption destructive, l’ONU, les ONG et le gouvernement de la RDC se sont investis dans la problématique de gestion et réduction des risques volcaniques. La première action a été le soutien à l’OVG. Aujourd’hui, l’OVG remplit sa mission. Ses chercheurs fournissent des données de bonne qualité qui permettent un suivi quotidien des activités. “Toutefois, les risques liés au volcanisme des Virunga sont loin d’être maitrisés”, peut-on lire dans un dépliant de l’Unité de gestion des risques volcaniques de l’observatoire.

Face à ce défi, le gouvernement du Nord-Kivu a mis sur pied un plan de contingence – dont Caritas Goma est membre – pour gérer la situation en cas d’urgence. “Le tremblement de terre n’a occasionné aucun dégât majeur au Nord-Kivu, affirme Eddy Yamweziyo, responsable des Urgences humanitaires à Caritas Goma. C’est pourquoi le niveau d’alerte est encore en jaune. Si on relevait l’alerte, Caritas sera appelée à activer son plan de contingence pour mener une évacuation conjointe en coordination avec OCHA (Bureau de coordination de l’ONU pour les Affaires humanitaires) et avec les services de protection civile de la province”. C’est après l’évacuation que Caritas Goma aura à analyser la situation : porter la réponse aux sinistrés.

Cellule de Communication

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